Dans l’atelier (Cyril)
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Entretien avec Cyril
Quel(s) message(s) souhaitez-vous exprimer à travers vos œuvres ? Cela dépend de l’œuvre. En ce qui concerne les crucifixions, le message est orienté sur l’utilisation massive de la représentation de la femme. Expérience quasi religieuse pour certains (ce n’est plus de l’adoration, c’est de la passion), l’image de la femme (nue) sensuelle, douce, offerte et complaisante n’en reste pas moins une arme terriblement efficace des média de masse. Un peu comme l’image du Christ, que je mélange à celle de la femme et que je décline selon les canons Christiques (c’est un détournement…) Ensuite, je laisse les spectateurs libres d’enrichir mes digressions par leur propre imaginaire. C’est aussi cela la photo, un jeu entre la connotation et la dénotation, une partie amusante de cache-cache avec le sens. Pour les autres photos (autoportraits), j’essaie de prendre le contre-pied des croyances sociales : féminin = sensualité et masculin = virilité. La nature nous a donné un corps qui diffère selon le sexe, mais la culture en donne une interprétation particulière. L’érotisme ne naît pas que de la femme, c’est un jeu où il faut être deux. Et puis c’est aussi une expérience amusante que de se retrouver comme modèle après avoir « tourmenté » tant de personnes.
Quel-le-s sont les artistes qui sont vos sources d’inspiration ?Pfou ! Ils/elles sont nombreux/ses. Mais pour l’essentiel citons Pierre et Gilles, Anette Messagier, Magritte, Burne Jones, Dali… Je me nourris aussi de certaines « images » issues d’un vaste imaginaire collectif né dans les méandres de quelques auteurs de récits fantastiques, d’anticipation ou érotiques (Poe, Anaïs Nin, A. Rice, King…), dans la pub, le cinéma… tout ce qui fait que notre société est enracinée dans l’Image.
Que vous a apporté le fait d’être présent sur internet ?L’anonymat : très peu de visiteurs se montrent en fait curieux d’en savoir plus sur moi. Ils sont eux-mêmes des anonymes à 75% puisqu’ils ne laissent quasiment pas de traces volontaires de leur passage dans mes pages. Ils veulent voir sans être vu, donc se font discrets. Et même si je pose à visage découvert, mon anonymat est garanti par leur silence (coupable ?…). internet est un monde étrange…
Est-ce qu’internet vous a permis de rencontrer de nouveaux modèles, de trouver de nouveaux lieux d’exposition ?Oui pour les propositions de modèle (1 homme seulement), et non pour les expo. C’est d’ailleurs dommage car toute la partie Crucifixion est exposable (échelle 1 pour une croix… c’est grand), le reste ne vit que sur la toile numérique.
Pouvez-vous dire quelques mots sur le lieu où vous vivez/travaillez ?France, Bouches-du-Rhône, Marseille… et c’est tout (rires)
Propos recueillis en juin 2003
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