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Florent Jeunet

Des portraits N&B rendant la douceur des regards, des détails vestimentaires ou de posture qui, comme les éclats lumineux d’un kaléidoscope, créent une image globale à partir de points de vue différents, une vie virtuelle aussi, qui s’étend dans l’au-delà fantasmagorique des mannequins de plastique.

Paris, Île-de-France, France

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Florent Jeunet


Entretien avec Florent Jeunet

Quel(s) message(s) souhaitez-vous exprimer à travers vos œuvres ?

Je n’ai jamais pensé à concevoir des images autour d’un message. Ma démarche consiste plutôt simplement à créer les images que j’ai envie de voir. J’aime jouer avec la lumière sur le visage et le corps de mes modèles ; m’effacer pour capter un geste, un regard, quelque chose d’intime. S’il y a de l’érotisme dans certaines de ces images, je voudrais que ce soit avant tout dans cette intimité. Mes paysages expriment quant à eux souvent la paix et la solitude. Cela tient aux conditions mêmes dans lesquelles ces images ont été captées. En bref, je conçois ma photographie non pas comme un acte de création à proprement parler, mais plutôt de captation active…

Quel-le-s sont les artistes qui sont vos sources d’inspiration ?

C’est très difficile à dire. Il y a des photographes contemporains que j’admire beaucoup, comme Sam Taylor Wood par exemple, mais je ne crois pas que ceux-ci soient une source identifiable de mon inspiration. En matière de portrait et de nu masculins, j’apprécie beaucoup le travail de Benno Thoma, en particulier pour l’atmosphère et la pudeur de ses portraits, ainsi que sa maîtrise de la lumière. C’est également vrai de certaines photographies de Marc Bessange. Il est bien possible que certaines de ces images aient influencé mon regard.

Que vous a apporté le fait d’être présent sur internet ?

Pour l’instant, c’est surtout la façon la plus simple pour moi d’exposer mon travail. Je suis photographe amateur et à ce titre, il est souvent bien difficile de trouver un lieu d’exposition. Occasionnellement, cela m’a permis d’entrer en contact avec d’autres photographes et des modèles potentiels. C’est d’ailleurs ce qui me touche le plus : que, sensible au regard que je porte sur mes modèles et à ce qui émane de ces portraits, on me contacte pour s’exposer à son tour à ce regard. C’est un beau compliment…

Pouvez-vous dire quelques mots sur le lieu où vous vivez/travaillez ?

J’ai commencé à photographier lorsque j’ai quitté ma famille, à 17 ans, pour aller étudier à Lyon. Puis au cours de divers voyages. Le portrait, qui représente une part importante de mon travail actuel, a vraiment débuté à New York où j’ai vécu pendant deux ans. Il a surtout fallu lutter contre mes propres inhibitions et cela a été plus facile dans une ville où l’on aime particulièrement se montrer et être vu. J’ai appris à créer une atmosphère de confiance et j’ai tout de suite reçu un accueil très favorable et beaucoup d’encouragements. J’ai poursuivi cette démarche à Paris où je vis depuis 4 ans. Je rencontre des modèles amateurs, qui ont de préférence très peu ou pas d’expérience de la photographie. J’ai beaucoup photographié chez moi, dans mon appartement transformé en studio. Mais depuis quelques temps, je m’oriente davantage vers le portrait en extérieur, en région parisienne, en particulier dans un chateau abandonné que j’ai découvert l’an passé et où j’ai photographié un jeune acteur de théatre, Lucas.

Propos recueillis en mars 2003
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