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Dans le Jardin des Délices Terrestres (Catherine McIntyre)

Dans ce jardin des délices terrestres, les chimères prennent vie en un symbolisme associant la vie et la mort, la chair et le fossile, le temps et ses ravages qui pousse à glorifier l’instant éphémère. On y côtoie aussi les rêves et les terreurs, et le temps encore, à la mécanique particulière dans la mesure que l’on en fait.

Kirriemuir, Écosse, Royaume-Uni

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Dans le Jardin des Délices Terrestres (Catherine McIntyre)


Livre(s)
1890377066 - Deliquescence
 
Entretien avec Catherine McIntyre

Quel(s) message(s) souhaitez-vous exprimer à travers vos œuvres ?

Bien que mon travail soit un peu abstrait, j’essaie de rester basée sur une réalité, habituellement une émotion qui est accentuée par l’utilisation de la « réalité » de la photographie en tant que fondement. La pensée réductrice et l’approche empirique expliquent l’existence comme un accident d’atomes et d’acides aminés, d’hormones et d’ADN ; cela n’a jamais expliqué ce que nous sommes réellement, juste - et jusqu’à un certain point - comment cela fonctionne. La part de nous-même qui part quand on meurt, les émotions que nous ressentons, les choses vraiment importantes ne peuvent se borner à une série de produits chimiques et à leurs réactions. En collectionnant des papillons, vous pouvez les nommer et les ranger dans des tiroirs, mais les insectes punaisés n’ont rien à voir avec ceux qui volent dans les champs. C’est un problème séculaire pour l’artiste qui essaie de faire la même chose : traduire une émotion réelle - la vie - sur le papier ; préserver le fugace et le précieux.
Qu’une telle part de la vie puisse être expliquée de manière empirique ne réduit pas pour moi le mystère, mais l’augmente. Tant de connu, et pourtant encore tant d’inconnu qui résiste à toute tentative d’être expliqué de cette manière. D’autres voies, plus intuitives, moins cliniques, sont nécessaires. Les choses qui ne peuvent être punaisées deviennent par contraste avec le « concret » plus réelles, leur caractère élusif accentue leur existence. Elles jettent une ombre, montrant pleinement qu’il y a plus à savoir, et c’est au sujet de cette ombre que je m’évertue à faire des images.

Quel-le-s sont les artistes qui sont vos sources d’inspiration ?

Le grand et tardif Herb Ritts, qui nous manque tristement. Bien d’autres photographes encore : Thierry le Goues, Dave McKean bien sûr, Albert Watson, Veruschka (Vera Lehndorff) et Holger Trulzsch, Rosamond Wolff Purcell, Albert Watson, Nick Knight, Javier Vallhonrat… puis il y a l’Anatomie de Gray, Nina Cassian (un poète roumain d’une grande force), Sylvia Plath et les extraordinaires sites web de la NASA.

Que vous a apporté le fait d’être présente sur internet ?

C’est une manière exceptionnelle de communiquer avec des gens de tant d’horizons autour du monde. Vous pouvez échanger des vues, rencontrer des amis et être inspiré - et même trouver des clients !

Est-ce qu’internet vous a permis de rencontrer de nouveaux modèles, de trouver de nouveaux lieux d’exposition ?

Pas de nouveaux modèles, mais des gens nouveaux intéressés par le même art. Je suis heureuse d’avoir rencontré tant d’amis grâce à mon site web.

Pouvez-vous préciser les détails géographiques vous concernant ?

Kirriemuir, près de Glamis (où se trouve le château !), dans l’Angus, au nord-est de l’Écosse.

Propos recueillis en janvier 2003
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