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Michel Debray & Clovis Trouille

Entre scènes de la vie quotidienne et voyeurisme charmeur, l’expressionnisme picard porte en exergue « le mauvais goût et une confrontation permanente entre le vulgaire et le sacré ». Il exprime en fait avec réalisme et de façon naturelle, sans effet de style outrancier, l’érotisme de tous les jours, celui qui émeut au quotidien.

Ault, Picardie, France

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Michel Debray & Clovis Trouille


Exposition(s)
Le Cupidon club, mars/avril 2008 à Paris, France.
Entretien avec Michel Debray

Quel(s) message(s) souhaitez-vous exprimer à travers vos œuvres ?

La beauté des femmes et de leur sexe même et surtout dans son aspect le plus charnel, biologique, endocrinien. À l’instar de Clovis Trouille, je ne supporte pas les déformations exercées par le cubisme ou un certain expressionnisme sur l’image du corps féminin. J’aime aussi montrer le plaisir de la femme qui s’offre dans un spasme qui peut paraître douloureux. Le sexe de la femme, cette « origine du monde » selon Courbet, renvoie évidemment au mystère de la vie et, par voie de conséquence, à la mort.

Quel-le-s sont les artistes qui sont vos sources d’inspiration ?

Je n’aime pas l’art moderne ni conceptuel. Une Annonciation d’un primitif italien (Fra Angelico, Martini) me parle davantage qu’un Jackson Pollock. Vermeer est un génie, Rembrandt aussi. Les choses se gâtent avec l’impressionnisme… J’aimerais parvenir à la perfection atroce d’un Egon Schiele par exemple. J’ai, avec Clovis Trouille, une parenté évidente de Picard. Je partage avec lui un antimilitarisme et un esprit libertaire.

Que vous a apporté le fait d’être présent sur internet ?

D’être vu, tout simplement. Vous louez - cher - une galerie dans une ville moyenne ou même à Paris et vos toiles sont vues par 5 personnes par jour en moyenne. Sur internet, vos toiles sont vues par des milliers de spectateurs. Bref, on est totalement maître de son œuvre. C’est pourquoi j’ai sous-titré mon site : « Pour en finir avec les éditeurs et les galeristes » qui sont des forbans.

Est-ce qu’internet vous a permis de rencontrer de nouveaux modèles, de trouver de nouveaux lieux d’exposition ?

J’ai rencontré en un an plus d’acheteurs qu’en 30 ans d’expositions ponctuelles dans des endroits plus ou moins aléatoires : chapelle désaffectée en Limousin, galerie rue des Blancs-Manteaux, Festival de l’Erotisme, etc.

Pouvez-vous dire quelques mots sur le lieu où vous vivez/travaillez ?

J’habite Ault, au bord de la Manche, en Picardie (France), à deux pas de la Baie de Somme, devant un paysage grandiose. Le cul de mon épouse m’émeut cependant beaucoup plus.

Propos recueillis en janvier 2003
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