Sophi’s grand empire (Carolyn Weltman)
Exposition(s)
Fourplay, juillet/août 2007 à Asbury Park, NJ, États-Unis.
Two English Broads, mai/juin 2007 à Manhattan, NY, États-Unis.
Entretien avec Carolyn Weltman
Quel(s) message(s) souhaitez-vous exprimer à travers vos œuvres ? Je pense que ce que je veux vraiment faire est d’offrir un message d’acceptation et de tolérance de soi. Pas de jugements. C’est l’une des leçons les plus difficiles à assimiler pour nous tous. Et je veux faire preuve de la tolérance envers soi. Nos corps, nos esprits et nos âmes doivent être honorés. Nos besoins, nos envies, nos fétichismes et sexualités font tous partie de nous. Nous avons besoin de partager nos sensations de façon honnête, de ne pas les cacher. Si nous les cachons, nous devenons des criminels dans nos propres esprits. Je veux montrer à mon public que leurs sensations sont bien plus normales qu’ils le pensent probablement, et d’accepter qui ils sont.
Quel-le-s sont les artistes qui sont vos sources d’inspiration ?Je suis très inspirée par Velasquez et Van Gogh et j’étudie leur peinture. Je n’ai commencé à peindre que très récemment, et cela a été une expérience intimidante. Alors je me plonge dans leur œuvre et l’étudie. J’apprends le dessin du maître Léonard de Vinci. J’apprends la composition et la fluidité du mouvement de Modigliani, la passion de Soutine. Qui sont mes maîtres ? J’apprends lentement et petit à petit pour devenir ma propre maîtresse.
Que vous a apporté le fait d’être présente sur internet ?Internet a été pour moi une aventure. J’en ai gagné beaucoup d’attention internationale. Jane Duval de janesguide.com, qui est maintenant mon amie, et Dany Nieves, un photographe fétichiste excentrique et génial d’Atlanta (Géorgie), furent mes premiers mentors sur le net. Dany a mis ma première page web sur son site pgarts d’alors. J’avais tout à coup une présence sur la toile. Il m’a encouragée à devenir scandaleuse et Jane a consolidé ses tentatives avec ses revues multiples et les galeries qu’elle m’a données sur son site. Ma présence sur le réseau est partie de là pour se développer et m’apporter toutes sortes d’opportunités. Des magazines internationaux et des galeries, des ventes, des articles de presse, et récemment l’opportunité de m’exprimer dans un entretien avec incubuschoice.com.
Est-ce qu’internet vous a permis de rencontrer de nouveaux modèles, de trouver de nouveaux lieux d’exposition ?Beaucoup de gens m’écrivent pour me demander s’ils peuvent poser comme modèle pour moi. Cependant, je trouve principalement mes modèles quand je vends mon travail à Soho, New York. J’aime rencontrer les gens avant de travailler avec eux. Et il y a quelque chose chez les New-Yorkais qui me donne envie de les dessiner. Pour ce qui est des opportunités, j’ai été contactée par des galeries internationales et autres lieux d’exposition et j’ai trouvé du travail en indépendant avec de nombreux magazines internationaux par le fait d’être sur le net. Et je me suis fait des amis partout dans le monde.
Quels sont les projets qui vous tiennent à cœur en ce moment ?Je viens juste de terminer deux peintures, Mon phénix bleu et M’aimeras-tu encore. Ce sont tous deux des aventures en territoire inconnu et sont très significatifs pour moi. Je me suis courageusement éloignée du besoin et de l’envie de plaire à mon public pour me plaire à moi, et j’ai permis à mes propres besoins de s’infiltrer dans ces deux pièces. M’aimeras-tu encore poursuit mon intérêt pour le transgenre. Quelque chose qui a toujours été apparent dans mon travail mais passe au premier plan dans cette peinture. Mon phénix bleu m’a permis d’explorer mes désirs fétichistes d’un peu plus près.
Pouvez-vous dire quelques mots sur le lieu où vous vivez/travaillez ?Je vis pas très loin du centre de Manhattan, à cinq blocs de Grand Central Station et de l’Empire State Building. Je vis et travaille dans un petit studio qui donne sur le sud et a la meilleure lumière du monde. Je ne pourrais donc jamais déménager. Je suis coincée entre mes chevalets et mes tables à dessin et mes ordinateurs. Mon voisinage est surpeuplé et bruyant. Je fais mes courses dans le marché de Grand Central Station. J’achète mon café du matin au vendeur de rue entre le parc et la 39ème. Il y a quelques artistes et photographes qui vivent dans le voisinage et on se retrouve quand nos emplois du temps le permettent pour une tasse de café durant l’après-midi et un contact avec le monde. Je vis au cœur de la ville la plus occupée du monde et même ici je peux m’isoler pendant des jours lorsque je peints.
Propos recueillis en février 2006
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