IKO (Diego Tolomelli)
Galerie
Entretien avec Diego Tolomelli
Quel(s) message(s) souhaitez-vous exprimer à travers vos œuvres ? Le message que j’essaie d’exprimer est que le vitrail n’est pas un médium qui appartient uniquement à l’église, mais qu’il peut s’adapter à des contextes très différents, comme la chambre à coucher, et qu’il peut aussi propager des messages alternatifs, incluant les plus profanes. Mon message érotique est enjoué, et la sexualité et la diversité sexuelle forment une part normale de la vie.
Quel-le-s sont les artistes qui sont vos sources d’inspiration ?En terme d’inspiration, je dois parler de deux types différents de maîtres : ceux du médium et ceux de l’art. Dans le monde du vitrail, je dirais que je suis inspiré par Edward Burne Jones (1833-1893) et Harry Clarke (1889-1931). Le premier est un peintre pré-Raphaélite dont le travail est très détaillé et élégant ; le second est un artiste irlandais du vitrail, fantastique expérimentateur. En des termes plus contemporains, Gilbert et Georges, et dans une veine érotique, Pierre et Gilles, sont simplement les meilleurs.
Que vous a apporté le fait d’être présent sur internet ?Internet m’a apporté une énorme couverture. MySpace m’a aidé en tant que novice de l’ordinateur à montrer mon travail à énormément de gens qui ont pris le temps de laisser des commentaires et m’ont rassuré dans ma démarche. Après quelques temps, des journaux en France, en Allemagne, en Italie, aux États-Unis et en Angleterre ont commencé à reprendre ce que je faisais et cela m’a apporté encore plus de diffusion.
Est-ce qu’internet vous a permis de rencontrer de nouveaux modèles, de trouver de nouveaux lieux d’exposition ?Internet m’a donné l’opportunité de documenter idées et images et de trouver des clients, dont William Maltese qui a commandé deux pièces, l’une d’elles étant destinée à la couverture d’un prochain roman érotique de la série Draqula.
Votre travail a-t-il déjà été censuré ? Dans ce cas, comment avez-vous réagi ?MySpace et Flickr ont parfois des problèmes avec mon travail et censurent occasionnellement quelques-unes de mes images. Thrillology semble les gêner le plus, et Fetish guy a vu mon compte supprimé un dimanche plutôt déprimant. Cependant, les avantages dépassent cette gêne et je ne ressens plus le besoin de perdre de l’énergie à combattre cette forme de censure. À part cela, la censure ne m’a pas encore posé de problème. Si on prend en considération le fait que cette forme d’art a une histoire très longue et colorée, et que les scènes médiévales d’enfer et de damnation font de la plupart de mes scènes érotiques un joyeux pique-nique, je ne suis pas encore préoccupé par cela.
Quels sont les projets qui vous tiennent à cœur en ce moment ?J’ai été très productif durant cette année : ce que vous voyez sur mon site est le résultat de cette année de travail. Mes projets en ce moment sont de me concentrer sur la vente d’une partie de ma collection et dans le même temps de montrer que mon travail ne se confine pas aux fenêtres extérieures mais peut s’intégrer à une décoration d’intérieur. Pour cela, je collabore avec un certain nombre d’artisans locaux. Je produis aussi beaucoup d’œuvres non érotiques.
Pouvez-vous dire quelques mots sur le lieu où vous vivez/travaillez ?Je vis et travaille à Rome, ville de contrastes et de contradictions, imprégnée d’histoire et de religion, une ville où l’art et la culture sont dévorés avec autant de lustre que les pâtes et les pizzas. C’est une ville où la politique queer en est à ses débuts et où le vitrail n’a jamais été vu comme autre chose qu’une forme d’art religieux. Je vis dans un quartier de Rome riche en artistes de talent, en artisans et en hommes et femmes de métier, ce qui a été important pour moi en terme d’inspiration et de motivation. Quanto sei bella Roma !
Propos recueillis en septembre 2008
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