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Muscle Adonis

Gros plan sur…


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Adam Kozik

Le fétichisme masculin, bottes militaires et gants de cuir noir, rare bondage et scènes de soumission, est un monde peu souvent exploré où les rapports de force sont plus présents, la tension plus palpable, ce que ces photographies N&B dépeignent brillamment. Les nus de Adam Kozik sont de facture plus classique avec une lumière plus travaillée, des poses plus esthétiques aussi, qui savent montrer la splendeur d’une érection ou la virilité d’un corps musclé.

New York, États-Unis

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Adam Kozik


Exposition(s)
Salon d’été, juin/septembre 2008 à New York, NY, États-Unis.
S&M, février/mars 2008 à Hollywood, CA, États-Unis.
Entretien avec Adam Kozik

Quelques mots sur votre travail, ce qu’il exprime et sur vous-même ?

L’art du portrait S/M était pensé dans le passé comme l’enregistrement d’une scène. Pour moi, il s’agit de l’enregistrement de l’expérience entre la scène et moi-même. Il n’est pas prévu de placer le spectateur comme un voyeur, ou d’exposer le sujet, mais c’est un point de départ à partir de ces thèmes. Il y a assurément une alchimie à l’œuvre lorsque différentes personnalités sont mises en contact dans le même espace.

Le S/M commence comme un moyen de contrôler mais l’énergie qui nourrit ces scènes peut changer et s’inverser. Lorsque vous voyez un sujet dans une série, il n’est ni iconique, ni exposé. En fait, il demeure inconnu. Je pense que cette précipitation avec le jeu S/M est basé principalement sur la confiance et la découverte de soi à travers l’autre. Il est possible que le désir d’expérimenter à travers l’autre soit le désespoir de ne pas se connaître mieux soi-même.

Il y a un désir de lier les photos de sexualité dans des comparaisons post-Mapplethorpe. Je prends des photos de sexualité, mais je ne ressens pas de connexion entre les deux approches. L’appareil photo est lié à la découverte, il fournit des photographies qui créent en nous le désir de nous relier au passé. C’est là que réside l’ambiguïté. Alors que j’apprecie les ravissements du passé, j’embrasse complètement le futur. Je reste derrière l’objectif, je peux donc me projeter dans une réalité qui m’est inconnue.

Mon intention en tant qu’artiste est de prouver que l’œuvre numérique n’est en aucune facon inférieure à la pellicule, mais qu’au contraire elle ouvre de nouvelles possibilités par le biais de la technologie pour prendre de meilleures images. La photographie était considérée comme un art douteux avant les années 80. Baudelaire disait dans son livre Salons que la photographie était un médium pour tous les peintres manqués, et que le résultat serait désastreux. La même approche de la peinture comparée à la photographie du 19ème siècle s’est déplacée de nos jours dans le débat entre la pellicule et le numérique. Si l’avant-garde d’aujourd’hui veut rester à la pointe, ils peuvent retourner en arrière et voir la photographie numérique comme la base de l’art contemporain. En tant que traditionaliste, je m’évertue à recréer la photographie classique avec les outils disponibles pour les artistes d’aujourd’hui.

Propos recueillis en février 2008
© Incubus' Choice

NDLR : « L’industrie photographique [est] le refuge de tous les peintres manqués, trop mal doués ou trop paresseux pour achever leurs études »
Charles Baudelaire, Le public moderne et la photographie in Nouvelle Revue Française, Paris, 10 juin-20 juillet 1859.

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