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Sandy Viktor Nys

Anges, prêtresses ou pécheresses, archétypes, nymphes ou anges déchus, les créatures dépeintes par Sandy se nourrissent de mythes et de légendes et nous étourdissent d’une sensualité sombre et gothique accentuée encore par les décors fantastiques qui les entourent en une alchimie païenne faite de magie et d’inconnu et leur redonnent cette dimension mystérieuse qu’on oublie trop aisément.

Aarschot, Brabant flamand, Belgique

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Sandy Viktor Nys


Entretien avec Sandy Viktor Nys

Quel(s) message(s) souhaitez-vous exprimer à travers vos œuvres ?

Des images sombres d’un passé païen. Les cauchemars d’une personne peuvent être les doux rêves d’une autre. Les images réfèrent à des temps mythiques. Des femmes, nues, peintes, décorées, barbouillées, attachées de cuir ou de caoutchouc. Les modèles sont les sorcières de notre époque, elle voient et décident elles-mêmes comment elles vont apparaître en face de l’objectif. Leur look et leur attitude sont la base du travail artistique. L’artiste n’est rien de plus que le traducteur, l’interprète et le chroniqueur. Alors elles viennent sur la toile numérique en réaction à la culture monothéiste. Les forces féminines issues de la culture païenne tiennent une place centrale dans l’oeuvre. Elles sont pleines de contradictions : la décomposition, le déclin et la beauté, le chaos et la création, la douleur et le plaisir. La culture monothéiste masculine actuelle se retrouve confrontée à sa contrepartie féminine venue d’un lointain passé, celui du paganisme, la culture centrée sur la fertilité, la femme, la magie et les rêves. La femme devient archétype : la séductrice, le démon, la fille, la putain, l’esclave, la maîtresse, la prêtresse, la mère… Tout ce qu’elle représente dans notre culture contemporaine qu’elle va détruire ou accentuer. Certains spectateurs vont trouver cela choquant et déroutant, d’autres seront fascinés. Sur le papier photographique, les contradictions vieilles de plusieurs siècles deviennent vérité.

Quel-le-s sont les artistes qui sont vos sources d’inspiration ?

Dans les années soixante-dix, j’ai suivi une éducation artistique à l’académie des Beaux-Arts de Anvers et Gent, en Belgique. On nous enseignait l’histoire de l’art en plus de la peinture. Je les ai tous appréciés, des anciens aux classiques, jusqu’aux modernes des 19ème et 20ème siècles. Mais au bout du compte, je pense que ce ne sont pas les artistes mais les écoles auxquelles ils appartiennent qui m’inspirent, en particulier le surréalisme et le symbolisme.

Que vous a apporté le fait d’être présent sur internet ?

Internet me donne la posibilité de montrer mon art à tout le monde et partout, si tant est qu’ils aient mon URL. Alors pour le moment, je ne vends pas ni ne deviens célèbre par internet… La seule chose que j’en tire, c’est un courriel : « bon travail ».
Mais en fait, en exposant mon travail sur internet, je peux trouver ne nouveaux modèles de nu bien plus facilement.

Votre travail a-t-il déjà été censuré ? Dans ce cas, comment avez-vous réagi ?

Oui, je crée aussi des jaquettes de CD pour des groupes underground ou électroniques, et plus d’une fois cela a été refusé par l’imprimeur. Mais pour ma première exposition, dans ma propre ville, j’ai pu montrer tout ce que je voulais, sans censure. Mes images sont aussi imprimées sur du papier photo de grande taille sans aucune censure de la part de la société d’impression.

Quels sont les projets qui vous tiennent à cœur en ce moment ?

Outre mon travail numérique, j’ai aussi un projet audiovisuel : HYBRYDS.
Depuis plus de 25 ans, je voyage partout en Europe pour jouer dans l’underground. Nous venons de terminer l’enregistrement de notre nouveau CD, qui va être accompagné d’un DVD. Pour la première fois, j’ai commencé à filmer mes modèles, alors il va y avoir une version « animée » de mon travail érotique. Les prochains mois vont être consacrés à finir ce nouveau projet, « Dreambient ».

Pouvez-vous dire quelques mots sur le lieu où vous vivez/travaillez ?

Je vis dans une maison en bois près des dernières forêts de Aarschot, une petite ville au mileu de la Belgique dans la partie flamande.
Mon atelier est petit, occupé par quatre Macintosh que j’utilise tout le temps, et il y a aussi un studio d’enregistrement dans un coin avec de l’équipement audio.

Propos recueillis en septembre 2007
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