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Erotic Mirror (Nora Ness)

Un miroir érotique dans lequel se reflète Nora, l’appareil photo au poing dans des autoportraits sans cesse renouvelés, images multiples en jeux de soi, l’image qu’on donne et celle qu’on reçoit, celle qu’on pense être et celle qui est perçue, dans un mélange d’émotions érotiques tout aussi diverses, entre narcissisme et exhibitionnisme, mais toujours d’une vérité qui se joue des miroirs qui s’interposent.

Munich, Bavière, Allemagne

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Erotic Mirror (Nora Ness)



Exposition(s)
The Dirty Show, février 2008 à Détroit, MI, États-Unis.
Die Selbstspiegelungen, avril/juin 2007 à Dresde, Allemagne.
Livre(s)
300020833X - Mirror Mirror - Through My Eyes
 
Entretien avec Nora Ness

Quel(s) message(s) souhaitez-vous exprimer à travers vos œuvres ?

Mon genre d’art érotique diffère énormément du courant érotique principal que l’on trouve partout sur internet. Mon art n’est pas seulement photographique, c’est aussi un art de performance et un art conceptuel tout à la fois. Avec mes autoportraits extraordinaires, je montre aux gens un tout autre genre d’art érotique à travers les yeux d’une femme. Si vous ne ressentez pas de honte face à mon travail érotique, je vous montrerais que nous sommes tous des êtres humains érotiques dont les corps sont faits pour donner et recevoir du plaisir. Selon moi, l’art érotique doit vivifier notre sexualité en stimulant notre esprit car l’esprit contrôle le corps. C’est seulement lorsqu’une œuvre érotique est capable de cela que je peux la considérer comme érotique. Nos sociétés nous disent depuis longtemps que l’érotisme doit être réprimé. Ainsi, beaucoup de personnes ont encore des problèmes avec l’art érotique qui les font se sentir honteux et coupables. Mon intention est d’ouvrir à chacun ses propres sensations sans se sentir coupable ou honteux. Dans le même temps, j’aime provoquer, car la provocation est le premier pas pour mettre à bas les vieilles frontières.

Quel-le-s sont les artistes qui sont vos sources d’inspiration ?

J’admire Robert Mapplethorpe car il a eu le courage de faire des autoportraits très érotiques lui aussi. Helmut Newton est un autre grand photographe, il a aussi fait quelque chose d’extraordinaire sans se préoccuper de la société. J’admire tous ceux qui ont le courage de faire ce qu’ils veulent sans se soucier de ce que les autres en pensent. J’aime le travail de photographes comme Jean-Paul Four ou Didier Carré, car ils sont assez courageux pour montrer ce que l’on nomme « art pornographique ». En fait, la pornographie vulgaire ne stimule pas l’esprit du tout, elle a trop peu de profondeur, alors que l’érotisme, et j’y inclus mon travail, est riche en profondeur et empreint d’émotions réelles. Il est complètement différent de la pornographie qui demeure plate, sans profondeur érotique.

Quelles sont votre expérience et votre formation dans le domaine artistique ?

Je suis une femme qui a réussi toute seule. Je n’ai pas de formation en photographie, même si j’ai quelque expérience en tant que mannequin. Pendant l’université, j’ai travaillé comme mannequin pour des raisons financières. Bien que j’aie commencé mes autoportraits il y a seulement onze mois, je photographie depuis des années, mais juste pour mon plaisir, pas pour un usage professionnel.

Que vous a apporté le fait d’être présente sur internet ?

Internet est une source importante pour trouver des gens intéressants de par le monde. Sans internet, mon travail n’aurait pas trouvé le chemin de la scène artistique. Internet vous donne l’opportunité de faire de l’auto-promotion, vous n’avez pas besoin de convaincre un agent d’art ou qui que ce soit pour promouvoir votre travail. Le succès que j’ai rencontré jusqu’à présent vient d’internet. J’y ai trouvé mes espaces d’exposition, mes galeries, les magazines qui ont publié mon travail, ainsi que mon tout récent partenaire de collaboration, Sander Steins. Sans internet, personne ne saurait qui est Nora Ness.

Est-ce qu’internet vous a permis de rencontrer de nouveaux modèles, de trouver de nouveaux lieux d’exposition ?

Il n’est pas facile de trouver des femmes qui soient capables de montrer leurs émotions devant mon objectif de la façon dont je le fais. Mais je peux comprendre cela. Tout le monde n’est pas capable de montrer sa passion et son désir face à un appareil photo, et tout le monde n’aime pas cela. Pour faire des autoportraits sensuels et érotiques comme les miens, vous devez être un peu plus « dérangée » que la moyenne. L’exhibitionnisme et le voyeurisme sont absolument nécessaires pour ce genre d’art érotique.
Pour la seconde partie de votre question, oui, j’ai trouvé tous mes lieux d’exposition via internet jusqu’à présent. Pier Carini, mon représentant artistique italien, m’a découvert sur la galerie en ligne de Saatchi. Il m’a contactée, a acheté mon travail, l’a montré lors de salons artistiques et m’a aidée à trouver des acheteurs internationaux.

Votre travail a-t-il déjà été censuré ? Dans ce cas, comment avez-vous réagi ?

Non, pas encore. Mais tout le monde n’aime pas mon genre d’art érotique, le fait qu’une femme se montre elle-même dans de telles poses érotiques. J’ai aussi des œuvres très explicites, mais jamais pornographiques, seulement profondément érotiques. En les regardant, vous pouvez sentir la chaleur et l’électricité qui remplissent la pièce bien qu’il ne s’agisse que d’une image. Mon travail est soit aimé, soit détesté, il n’y a pas d’entre-deux, mais je peux vivre avec cela. Nous sommes tous des individus, chacun a ses goûts propres et je suis heureuse que mon travail ne soit pas pour monsieur ou madame Tout-le-Monde, car sinon il serait pour le marché de masse et je n’aime vraiment pas cette idée.

Quels sont les projets qui vous tiennent à cœur en ce moment ?

En ce moment, mon représentant artistique et moi-même préparons l’exposition de mon travail pour différents salons en Italie. Je vais aussi commencer une grande tournée promotionnelle via internet en juillet pour le site Mirrotica que nous venons de lancer avec l’artiste néerlandais Sander Steins. Nous créons ensemble des photomontages surréels et érotiques. Si vous observez bien ce travail, vous pourrez sentir l’alchimie entre mes autoportraits extrêmement érotiques et la passion de Sander pour le surréalisme et l’ombre. Nous recherchons actuellement des magazines en ligne et imprimés pour publier un article sur notre travail et nous-mêmes ou peut-être un entretien.

Pouvez-vous dire quelques mots sur le lieu où vous vivez/travaillez ?

Je vis dans le nord de l’Allemagne, près de Munich. L’allemagne n’est pas le lieu idéal pour l’inspiration, et c’est très difficile pour les artistes émergents. Les gens y sont majoritairement vieux jeu, conservatifs, et ne donnent pas leur chance aux choses nouvelles. J’ai déjà eu quelque succès avec mon art, mais pas en Allemagne. En fait, peu de gens y ont seulement répondu à mes courriers électroniques. La plupart ne peuvent voir mon approche comme artistique. Je sais que c’est un problème de notre société, mais l’Allemagne est particulièrement difficile. En tant qu’artiste, votre travail n’y sera montré que s’il a fait ses preuves à l’étranger. La plupart des allemands n’aiment pas le risque et sont souvent très arrogants. Je suis heureuse de ne pas être une allemande « standard » et d’être un peu plus cinglée que la moyenne. Cela vient peut-être du fait que je suis une scientifique. Comme scientifique, vous devez être moins conventionnel et penser au-delà des frontières, ce qui est exactement mon approche dans l’art.

Propos recueillis en juillet 2007
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