Willy
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Willy, juillet/septembre 2009 à Montréal, QC, Canada.
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Exposition Montréal 2009
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Exposition X, Montréal, 2007
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Entretien avec Willy
Quel(s) message(s) souhaitez-vous exprimer à travers vos œuvres ? Je suis un peintre érotico-politique. Pour moi, une femme qui arbore les poils de ses aisselles dans une soirée mondaine pose un geste politique en ce sens qu’elle agit contre l’ordre moral. Lorsque je peins les aisselles poilues de cette femme, je pose à mon tour un geste politique. Je persiste et je signe, avec elle, ce geste de défi. Par là, je refuse, nous refusons, de céder à ce courant d’aseptisation des corps qui sévit en occident.
Parlez-nous des différences entre le Québec/Canada et la France sur les notions d’érotisme, de pudeur et de tabous…
Cela dit, j’estime que je suis davantage un peintre érotico-politique qu’un peintre politico-érotique. Je suis un artiste avant d’être un militant…En fait, lorsqu’on aborde le sujet de l’art érotique, on constate que l’hypocrisie règne en maître sur les deux continents…
Qu’est-ce qui vous attire dans des personnages comme Lily Saint-Cyr ou Monica la Mitraille ?
Ici, ce n’est pas tant le sexe qu’il ne faut pas voir comme le sexe tel qu’il se présente naturellement. Quand, à mon arrivée en Amérique du Nord, je me suis mis à travailler sur « L’Origine du monde » (le tableau de Courbet qui montre une femme aux cuisses très largement ouvertes et en gros plan), le tableau a été censuré deux fois, y compris dans une exposition à caractère érotique ! La vulve était jugée indécente du seul fait de son impressionnante pilosité. J’ai fini par la raser (je l’ai épilée alors que dans le tableau d’origine elle est très poilue) et j’ai changé le nom du tableau : « l’Origine du monde » est devenu « Welcome ». N’oublions pas que l’Amérique du Nord est le continent de l’épilation définitive et de la chirurgie plastique des lèvres vaginales. Le Québec n’y échappe pas. Bien qu’en France, on ne s’offusque pas à la vue d’une touffe de poils pubiens, on ne favorise pas pour autant l’expansion de l’art érotique. On refuse même, encore aujourd’hui, d’accorder à cette forme d’art ses lettres de noblesse. On y pratique une autre forme de censure, c’est tout…Il faut situer ces deux femmes dans leur contexte socio-politique pour comprendre mon admiration pour elles. Lili St-Cyr était une danseuse nue bien connue à Montréal dans les années 50. À cette époque, qu’on appelle ici « La grande noirceur », les hommes comme les femmes ployaient sous l’écrasante domination du pouvoir de l’État et du Clergé réunis. Dans un tel contexte, une femme comme Lili St-Cyr apparaissait comme une véritable révolutionnaire. Quel courage il lui a fallu pour défier les autorités religieuse et politique, appelant par là les foudres des membres du clergé, des élus municipaux et provinciaux, et des femmes au foyer ! En regard de tout ça, l’admiration des hommes qui assistaient à ses spectacles d’effeuilleuse, constituait, somme toute, une bien maigre compensation, j’en suis sûr…
Quel-le-s sont les artistes qui sont vos sources d’inspiration ?
Monica-la-mitraille a eu la chance de naître dans une époque affranchie du joug du clergé, mais sa chance s’est arrêtée là. Là où elle a grandi, même le rêve n’était pas permis. Quand on est une fillette qui joue à la poupée au fin fond d’un ghetto fourmillant de putes et de criminels de toutes catégories, on ne rêve pas, comme les autres petites filles, d’épouser un jour un prince charmant… sinon un prince du vol à main armé ou du trafic de drogues. Du début à la fin de sa vie, Monica a dû compter sur elle-même plus que sur les autres pour tracer son chemin, elle a dû puiser dans ses propres forces pour parvenir au bout de ses aspirations. Et elle y est parvenue : elle fut une braqueuse de banque incomparable, qui plus est sans avoir versé une seule goutte de sang ! En ce sens, elle a réussit sa vie. Et pour cela, elle a toute mon admiration.Jacques Monory, Clovis Trouille, Gerhard Richter, Pierre Molinier…
Que vous a apporté le fait d’être présent sur internet ?Le principal avantage du net, pour moi, est qu’on y trouve un espace d’échanges et d’expositions de toutes sortes, et non censurés. Ne serait-ce que pour cette raison, internet m’apparaît comme l’invention du siècle ! Mais je n’y cherche pas de modèles, pas plus que je n’y cherche de lieux d’exposition. Pas de façon consciente, en tout cas.
Quels sont les projets qui vous tiennent à cœur en ce moment ?L’ouverture, très bientôt, d’un restaurant appartenant à un ami qui m’en a confié la décoration (je suis également peintre-décorateur : Guillaume Dupuis).
Le Loïe sera, dit-on, un restaurant au concept franchement sympa où l’on exposera régulièrement mes tableaux. Situé sur le boulevard René-Lévesque, à Montréal, en face de l’édifice de Radio-Canada. Entre autres, le tableau « La danseuse » sera exposé et en vente au bénéfice de Stella (Groupe communautaire pour les travailleuses du sexe).Propos recueillis en octobre 2005
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