Joe Oppedisano
Exposition(s)
Dark Ride: A Nocturnal Journey Into The World of Erotic Desire, mai/juin 2007 à New York, NY, États-Unis.
Livre(s)
Entretien avec Joe Oppedisano
Quel(s) message(s) souhaitez-vous exprimer à travers vos œuvres ? Le message principal que je cherche à exprimer dans mes hommes est la force, intérieure et physique, de l’homme. Je suis inspiré par la masculinité brute et sans inhibitions, où les hommes sont des hommes. Hyper-sexuels. Cow-boys, fermiers, travailleurs de la construction, éboueurs… Des hommes qui ne savent pas particulièrement qu’ils sont sexy, mais qui débordent cependant d’énergie sexuelle. J’aime la forme masculine, la façon dont les lignes et les découpés des muscles latéraux rencontrent la rondeur des épaules, l’épaisseur du torse. J’aime que mes hommes soient des hommes… Créatures velues et sexuelles qui ne pensent à rien d’autre. Ils se battent, ils boivent, ils draguent… Ce sont des animaux au fond, et c’est ce que j’aime en eux.
Quel-le-s sont les artistes qui sont vos sources d’inspiration ?
Mes femmes sont elles-aussi toujours représentées comme des créatures super-sexuelles. Elles n’ont pas peur d’être agressives, d’être en charge, et quand je les photographie avec des hommes, ce sont toujours elles qui ont le contrôle. J’aime la façon dont une femme peut emballer un homme du bout du doigt et en faire un chiot en laisse par ses seules beauté et sexualité. Elles sont toujours féminines, mais jamais délicates.
Mon message est de vous laisser être vous-mêmes. N’ayez pas peur des stéréotypes. Prenez le contrôle, appréciez votre sexualité et soyez audacieux avec elle.Tom of Finland, Jim French du studio COLT, Herb Ritts, Bruce Weber, Michel-Ange, Léonard de Vinci. Aucun d’eux ne traite le thème du sexe. Ils sont tous, à leur façon, des artistes qui ont pris la forme masculine et l’ont rendue meilleure que personne n’avait pu l’imaginer. Ils nous ont montré que l’on pouvait faire de l’exercice, donner à nos corps et nos esprits la meilleure forme possible, et ont tous contribué à l’évolution de la façon dont nous voyons les hommes et la masculinité.
Que vous a apporté le fait d’être présent sur internet ?
Le maître qui a changé ma façon de penser pourrait être Helmut Newton qui a pris l’idée de la sexualité et l’a montrée dans un extrême que personne n’avait vu auparavant. Il a pris les femmes et les a rendues non seulement super sexuelles, mais aussi dominantes et espiègles, et il a compris plus que quiconque le pouvoir qu’une femme a sur les hommes. Irving Penn et Richard Avedon ont porté l’éclairage à de nouvelles hauteurs, puis vint Victor Skrebneski dont l’éclairage des corps était au-delà de tout ce que j’avais pu voir, ce qui m’a provoqué et inspiré.
Arthur Elgort est aussi un maître que je me dois de reconnaître. Quand j’étais styliste de mode, j’ai commencé à travailler avec Arthur comme rédacteur de la rubrique hommes de L’Uomo Vogue, et j’étais tellement nerveux de travailler avec quelqu’un d’aussi majeur que lui, pour le magazine masculin mondial ultime. J’étais terrifié ! Il m’a pris à part et m’a dit qu’il savait ce que je pouvais faire, de me relaxer, de passer une bonne journée et d’être créatif. Cela m’a donné une confiance que je ne me connaissais pas, et il est pour cela mon maître ultime.Internet est un lieu exceptionnel pour les artistes qui auraient été normalement inconnus et leur permet d’être vu du monde entier. Cela a rendu possible pour des gens éloignés de part le monde de voir mon travail. J’ai été approché par de nombreuses personnes qui ont vu mon travail et voulaient me dire combien ils l’appréciaient, de nombreuses galeries, d’autres artistes et des gens de tous les chemins de la vie qui m’ont demandé de les photographier. C’est le meilleur honneur que l’on puisse recevoir. Avoir quelqu’un qui se sent bien avec lui-même et qui veut être immortalisé à son apogée est quelque chose que j’aime faire. Cela me rend fier de leur montrer la pellicule après que je les ai photographiés et de les entendre dire « Est-ce que c’est moi ? Je ne savais pas que j’avais ces abdos… » À quoi je réponds : « L’éclairage, tout réside dans un bon éclairage ». J’ai photographié l’artiste Kevin Aviance, qui a pleuré quand il a vu la pellicule, et m’a dit qu’il ne s’était jamais vu aussi beau… Ce fut une expérience qui m’a montré que j’étais sur le bon chemin.
Quels sont les projets qui vous tiennent à cœur en ce moment ?Je viens juste de finir une séance photo : une histoire de mode pour le magazine DNA d’Australie. C’est une histoire de sous-vêtements masculins et j’ai photographié quatre gars spectaculaires luttant dans la boue. Je suis très excité par ces photos, car elles donnent chair à tout ce que j’aime dans la photographie masculine.
Pouvez-vous dire quelques mots sur le lieu où vous vivez/travaillez ?
Je suis aussi très emballé par la finition des détails de mon livre à paraître intitulé TESTOSTERONE. C’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire, alors j’ai sauté de joie quand j’ai été approché…
J’ai aussi fait une série d’autoportraits pour un livre à venir qui s’appelle SELF EXPOSURE.Je vis et travaille à New York, dans un appartement incroyable de West Village. Je vis à New York depuis vingt ans, et dans cet espace depuis huit ans, et c’est la première fois que je me sens vraiment chez moi…
Propos recueillis en août 2005
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