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Homographix (Mr. B - Brazil)

Centaures et créatures ailées, mythes et sirènes mâles, effets lumineux et super-héros… un imaginaire riche et varié d’érotisme et de sensualité, de force et de douceur, une immersion aux allures de révélation dans un ailleurs aussi improbable que désirable.

São Paulo, Brésil

Homographix (Mr. B - Brazil)


Galerie

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Dali
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Entretien avec Mr. B - Brazil

Quel(s) message(s) souhaitez-vous exprimer à travers vos œuvres ?

Je pense que le message principal est de montrer combien la sexualité humaine peut être variée, agréable et belle et combien l’homophobie et la moralité peuvent être stupides. En plus de cela, j’essaie de représenter des situations inhabituelles ou une image qui donne envie de créer une histoire autour d’elle, et donc j’espère que mon art provoque l’imagination et la créativité. Comme il est écrit sur la première page de mon site internet : « le connu devient plus grand que ce qui est déjà connu ; à proprement parler, la reconnaissance implique une nouvelle connaissance, gagnée par l’entremise éclairante de l’art qui transforme l’Homo sapiens en Homo graphix. »

Quel-le-s sont les artistes qui sont vos sources d’inspiration ?

Pour ce qui relève strictement de l’art numérique, Chris Oku de Pologne m’a certainement inspiré et m’a personellement beaucoup aidé. Pour l’art érotique, le « fautif » a été Tom of Finland. Dans l’art en général, j’aime surtout Dali, Klimt, Van Gogh et Léonard de Vinci. Quant aux logiciels de traitement d’image, je dois dire que je me suis débrouillé seul, ce qui est intéressant puisque je me sens complètement libre de m’en servir à ma façon qui peut être parfois inhabituelle.

Que vous a apporté le fait d’être présent sur internet ?

Internet peut toucher tellement de monde dans des lieux si inattendus, et maintenant, au XXIème siècle, il est tellement plus facile de montrer son art sans l’aide (ou parfois l’obstacle) d’un éditeur.

Est-ce qu’internet vous a permis de rencontrer de nouveaux modèles, de trouver de nouveaux lieux d’exposition ?

Bien sûr ! Les gens ne peuvent vous inviter à exposer ou se sentir enthousiastes à l’idée de poser que s’ils connaissent votre travail et c’est de cette façon qu’internet peut beaucoup aider un artiste.

Votre travail a-t-il déjà été censuré ? Dans ce cas, comment avez-vous réagi ?

En fait non. Habituellement, les gens acceptent bien les hommes exposés dans mon œuvre et ne se plaignent pas tant. Quelques « machos » tournent le dos ça et là, mais rien qui ne me dérange. Le principal problème concerne toujours le travail publicitaire : très souvent les sponsors me demandent de couvrir ici et là pour une publicité ou un prospectus pour une discothèque. Dans ce cas, je comprends que du contenu à caractère sexuel ne peut être montré dans tous les médias et j’accepte normalement de procéder à quelques changements. Sur internet, il y a toujours la formule « si vous êtes majeur ».

Quels sont les projets qui vous tiennent à cœur en ce moment ?

Je me suis dédié au théâtre ces derniers temps : écriture et adaptation, mise en scène et direction artistique. J’ai réalisé ma première pièce en 2004, Eu, Medéia (Moi, Médée) d’après l’original de Sénèque (1er siècle), et depuis j’ai travaillé pour la scène. En 2006, j’ai réalisé Asas da Mente (Les Ailes de l’Esprit) d’après l’original de Deborah Schcolnic et cette année j’ai été directeur artistique de Magdalena (Marie de Magdala) d’après l’original de Myriam de Magdala (1er siècle) ainsi que de Urusvati de Deborah Schcolnic (incluant la bande sonore pour les deux !). Maintenant, je réalise 1 Minuto (1 Minute) d’après l’original de Nelson Rodrigues et Confissões (Confessions) de Márcia Gorenzvaig.

Pouvez-vous dire quelques mots sur le lieu où vous vivez/travaillez ?

Je suis né et j’ai toujours vécu à São Paulo, au Brésil. C’est une ville immense, très chaotique et confuse, mais j’ai décidé il y a douze ans de vivre et travailler dans un quartier très calme, dans une maison spécialement conçue pour le calme et le silence. Je vis seul avec mes trois chiens et j’essaie autant que je peux de ne quitter la maison que le plus rarement possible. L’ordinateur est ma façon d’être à la fois en contact avec le monde et d’éviter son contact, comme qui dirait « garder contact avec une certaine distance ». Bien sûr, je voyage beaucoup et j’aime visiter Amsterdam, Paris et Berlin, mais je ne déménagerais pas dans ces villes.

Propos recueillis en juin 2007
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