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Akiza (Robinson Deschamps)

Un univers à la fois sombre et très clair, en noir et en blanc, sans les demi-teintes et faux-semblants des gris trompeurs, dans lequel évolue Akiza, créature étrange à mi-chemin entre la femme et l’objet, entre l’ange et la poupée, entre « le bébé mignon et la vamp cliniquement disponible », dans une ligne épurée qui donne pourtant lieu à des entrelacs complexes et des formes fascinantes, tiraillées entre les opposés, en équilibre pourtant.

Toulouse, Midi-Pyrénées, France

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Akiza (Robinson Deschamps)



Exposition(s)
Venus Robotica, octobre/novembre 2009 à Paris, France.
Chimera obscura, avril/mai 2009 à Paris, France.
Intimités, septembre/octobre 2008 à Paris, France.
Garden party, juin/juillet 2008 à Paris, France.
Sixteen town, juin 2008 à Paris, France.
Un Cabinet d’Amateur du XXIème siècle, mai/juillet 2008 à Paris, France.
1998-2008, mars/avril 2008 à Paris, France.
In my tiny secret room, janvier/février 2008 à Melun, France.
Black Lotus, juin/juillet 2007 à Paris, France.
Vidéos
Akiza, par Amélie Nothomb
Akiza, par Amélie Nothomb
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Entretien avec Robinson Deschamps

Quel(s) message(s) souhaitez-vous exprimer à travers vos œuvres ?

Mes images sont le message, je préfère les montrer…

Qu’est-ce qui vous inspire ?

La typographie et la calligraphie, le Japon, Giger, Hello Kitty, le bondage, les suspensions, les modifications corporelles, le fakir Musafar, les icônes, les affiches politiques chinoises, Obey Giant, Otto et sa dictature, les peintres symbolistes… J’ai découvert par la suite Tetsuo de Shinya Tsukamoto et j’ai adoré.

Que vous a apporté le fait d’être présent sur internet ?

Beaucoup de contacts, une certaine visibilité et un intérêt maladif pour les statistiques de mon site.

Akiza a débuté sous forme de contraintes techniques d’encrage : dans quelle mesure ces contraintes ont-elles été créatrices d’un espace de liberté ?

J’ai décidé de garder ces contraintes parce qu’elles me correspondent bien. Je n’ai pas besoin de couleurs pour m’exprimer, c’est plutôt un frein pour moi, une contrainte de faire des travaux en couleur. Sans elles, je me sens plus libre et plus efficace. Je parlerais plutôt de règles du jeu. Elles sont là pour cadrer, me servent à créer des images fortes et reconnaissables. Ces règles, et particulièrement l’utilisation exclusive du noir et du blanc, sont pour moi un grand espace de liberté pour me consacrer sur l’essentiel, un pause agréable par rapport à mon travail de graphiste et une facilité technique pour l’impression et le poids des images sur internet.

Projet personnel, Akiza s’enrichit d’interprétations multiples, d’hommages et de fan-art. Ne craignez-vous pas que ce personnage vous échappe et perde son caractère singulier ?

C’est un risque à prendre… l’enfermer ou l’ouvrir au monde, aux autres créateurs et risquer de la perdre. C’est une grande fille, elle décidera…

Relativement au nombre de portraits que vous lui dédiez, n’êtes-vous pas tenté d’approfondir son univers, avec peut-être d’autres personnages, des interactions, des décors, des histoires ?

J’approfondis son univers à chaque portrait. Son univers évolue et ne cesse de se préciser. Pour les histoires, cela se fera au fur et à mesure. Le dessin me guidera. Je ne veux pas d’explications plaquées artificiellement sur les images. Je ne ressens aucun besoin de justifier Akiza. C’est une histoire sans paroles, un propos graphique, et chacun la comprend à sa manière. C’est ce qui lui donne sa force. Giger et Hello Kitty n’ont pas besoin d’histoires.

Le merchandising a très vite intégré l’univers d’Akiza sous forme de tee-shirts, d’affiches, de mugs… Est-ce un frein au développement graphique, ou bien l’opportunité de se donner de nouveaux espaces de création ?

Je le prends comme un enrichissement de son univers. Le blanc d’Akiza n’est pas seulement celui du papier et de l’écran d’ordinateur : il peut être la porcelaine, le plastique, le coton, le métal, le vinyle… J’aime la croiser dans la rue sur des inconnus et boire un café dans une tasse Akiza. Je souhaite qu’elle fasse partie de la grande vraie vie réelle et ne soit pas seulement une créature pour graphistes et internautes. Akiza est en phase de propagation, je cherche à la faire connaître et tous les supports sont utiles, louables et bons. C’est aussi un moyen pour gagner un peu ma vie avec elle, pour pouvoir m’y consacrer un peu plus et pourquoi pas, en vivre un jour…

Pouvez-vous dire quelques mots sur le lieu où vous vivez/travaillez ?

Je vis à Toulouse (France), dans un grand appartement, avec une illustratrice et deux photographes. Une sorte d’utopie communautaire et graphique qui forme une partie du collectif tous les anges.

Propos recueillis en septembre 2004
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